L'Euro : comment la monnaie unique a changé l’Europe

Economie

L'euro a fêté ses 20 ans en 2019. Un rapport de la Banque de la France de 2019 fait le point sur 20 ans de monnaie commune et pointe les défis

Une monnaie commune dans 19 pays européens mais pas seulement

L'euro qui a apporté stabilité économique fait face à de nombreux défis

L’Euro est utilisé en France et dans 18 autres pays aujourd’hui par 340 millions d’Européens. Au départ 11 pays ont participé au lancement de la monnaie unique puis d’autres les ont rejoints : la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, l’Estonie en 2011 et la Lituanie en 2015.

Aujourd’hui la zone euro représente 12% du PIB mondial (17% pour toute l'Union Européenne). En 2018, 36% des transactions internationales réalisées dans le monde ont été facturées ou réglées en monnaie unique.

L'euro représente 20% des réserves internationales des banques centrales étrangères, contre le dollar (60%). C’est la deuxième monnaie du monde pour le montant des transactions, devant le yuan chinois. Elle est en haut du podium pour la quantité de billets en circulation : 21.4 milliards dans le monde.

Comment expliquer ce chiffre ? Outre les 19 états européens qui forment la Zone Euro, 4 autres micro-états ont le droit d’utiliser cette monnaie : le Vatican, Andorre, Monaco et Saint-Marin. Le Monténégro et le Kosovo, pays non-membres, l’utilisent de facto.

Les apports de l’Euro à l’économie européenne

L’euro a facilité les voyages en Europe : plus besoin de changer ses devises avant de partir. Cette monnaie a aussi aidé les entreprises à exporter : 34.2 % des échanges commerciaux mondiaux est en euro (40% sont en dollar). L'utilisation internationale de l'Euro est à nouveau en hausse, après avoir été très basse en 2016 (information tirée d'un communiqué de la BCE en date du 13 juin 2019).

L’euro a aussi permis, selon le rapport l’augmentation du pouvoir d’achat moyen des Français de 20 % mais le problème reste la perception, qui peut faire croire le contraire. En effet en France les dépenses dites contraintes comme celle du logement sont plus importantes que dans d’autres pays de la zone euro.

L’euro a aussi permis de baisser les coûts de financement pour l’État, les entreprises et les particuliers. Les taux sont en effet bas. Et qui dit plus de financements dit aussi croissance et plus d’emplois créés.

Selon le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, l’euro a également apporté la stabilité des prix et des changes.

Dans le rapport on peut lire que dans la zone euro l’inflation moyenne a été de 1.7% « soit près de trois fois moins que durant les vingt années précédentes ». Le prix de la baguette en France est donné en exemple : elle valait 0.67 euro fin 2001 et 0.90 euro fin 2018, soit 30 % de hausse en 17 ans « ou plus 1.6 % par an en moyenne, moins que l’inflation d’ensemble de 1.4 % ». Mais le temps nécessaire de travail nécessaire pour acheter cette même baguette a, lui, baissé de 9%.

Selon le centre de politique européenne, un organisme basé en Allemagne, le passage à l'euro a coûté à chaque Français 55996 euros. Les grands gagnants du passage à la monnaie unique sont les Allemands qui ont gagné 23.116 euros par habitant et les Néerlandais (+21003 euros) (étude publiée en février 2019 https://www.cep.eu/eu-themen/details/cep/20-jahre-euro-verlierer-und-gewinner.html)

Les autres états et monnaies étrangères liés à l’euro

Certains pays de l’union Européenne ne remplissent pas encore les conditions pour avoir la monnaie unique comme la Suède, la Tchéquie, la Hongrie, la Croatie, la Roumanie et la Pologne. D’autres, comme le Royaume-Uni ou le Danemark, ont choisi de ne pas utiliser l’Euro pour garder leur monnaie.

Le cas de la Nouvelle-Calédonie, de Wallis et Futuna et de la Polynésie Française

Certains territoires français n’utilisent pas l’Euro : la Nouvelle-Calédonie, de Wallis-et-Futuna et de la Polynésie française. Là-bas on paie en Franc Pacifique Français ou CFP.

Wallis-et-Futuna et la Polynésie française se sont déclarés favorables à rejoindre la zone euro. Il faut attendre maintenant la décision de la Nouvelle-Calédonie. Si les trois entités sont d’accord pour l'adoption de l'euro, le gouvernement français fera une demande en leur nom au Conseil européen et le passage à l'euro aura lieu quelques années plus tard.

Des billets disparaissent d’autres font peau neuve

Le billet de 500 euros, la plus grosse coupure, a disparu le 27 janvier 2019. A cette date 17 des 19 banques centrales européennes ont cessé d’émettre ce billet. L’Allemagne et l’Autriche avaient demandé un délai au 26 avril 2019.

Pourquoi cette disparition du billet de 500 euros ? Ce billet est souvent utilisé dans les trafics de tous genres et peu par les consommateurs, sauf peut-être en Allemagne. Attention, toutefois les billets en circulation après le 27 janvier seront encore légaux, utilisables et sans limite de temps.

Certains billets disparaissent, d’autres changent d’aspect. Après les billets de 5, 10, 20 et 50 euros, c'est au tour des plus grosses coupures, de 100 et 200 euros, de se refaire un nouveau visage. Ces billets ont été mis en circulation à partir du 28 mai 2019. Ils seraient moins falsifiables que les anciens et plus résistants à l’usure.

La Banque Centrale Européenne a donné fin janvier 2019 le nombre de billets en euros qui ont été contrefaits : 262 000 fausses coupures ont été retirées de la circulation au 2e semestre 2018 (moins 13% par rapport à 2017 même période), la plupart du temps des billets de 50 euros. 22 milliards de billets en euros sont en circulation actuellement.

Les défis à venir de l’Euro

François Villeroy de Galhau indique aussi que même si nous avons une monnaie de confiance « l’Europe doit encore se mobiliser pour relever les défis à venir ». Et ces derniers sont nombreux comme renforcer l’union bancaire, avec un marché unique bancaire protecteur contre les aléas financiers, une meilleure utilisation de l’épargne qui aille vers les entreprises et notamment celles innovantes, « renforcer le rôle international de l’euro » dans les échanges commerciaux.

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