Pourquoi le prix de certains produits a augmenté dans les grandes surfaces ?

11 Mar 2019
Economie
Pourquoi le prix de certains produits a augmenté dans les grandes surfaces ?

Depuis le 1er février 2019, la loi alimentation est directement responsable de la hausse des prix de certains produits. Cette loi a pour objectif de relever le seuil de revente à perte de 10% soit le prix minimum auquel une enseigne peut vendre un produit

Nous sommes nombreux à avoir vu cette vidéo sur le Nutella qui avait fait le buzz lors d'une opération promotionnelle dans une grande surface et qui avait donné lieu à une véritable émeute. Pourtant, ce type d'événement risque de ne pas se reproduire de sitôt puisque de nombreux produits (dont la fameuse pâte à tartiner) vont voir leur prix augmenter.

Une nouvelle qui a de quoi surprendre alors que les gilets jaunes sillonnent les rues depuis plusieurs semaines notamment pour protester contre la baisse du pouvoir d'achat des Français. Mais alors pourquoi les prix des produits en grandes surfaces sont-ils en augmentation ?

Coup d'oeil sur la loi alimentation 2019

Effective depuis le 1er février 2019, la loi alimentation est directement responsable de la hausse des prix de certains produits. Cette loi a pour objectif de relever le seuil de revente à perte de 10% soit le prix minimum auquel une enseigne peut vendre un produit. Une décision qui a donc un impact direct sur le prix de certains produits en grandes surfaces allant de +1% à presque +10%. Avec cette loi alimentation 2019, tous les rayons sont touchés et l'on constate une nette augmentation sur le prix de produits comme le Nutella évidemment, mais aussi le Ricard, le camembert Président, le lait infantile Guigoz, les yaourts nature Danone ou encore les pains au lait Pasquier.

Qui plus est, les promotions sont aussi concernées par cette loi qui ne permet désormais plus de rabais supérieurs à 34%. S'en est donc fini des avantages du type « 1 produit acheté = 1 produit offert ». Selon le Parisien, ce sont 500 produits sur 13 000 qui devraient augmenter dans les supermarchés et 800 sur 20 000 dans les hypermarchés.

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, défendait cette nouvelle loi en s'expliquant récemment sur France Info : « "La loi ne dit pas qu'il faut augmenter le Nutella, elle stipule qu'une grande surface ne peut pas vendre de produits aux consommateurs moins cher que ce que ça vaut (…) Il y aura 4% des produits qui vont augmenter beaucoup. Je le regrette, j'aurais voulu que ce soit différent (...) on essaie une chose, c'est qu'on ait encore une agriculture en France, pour arrêter d'acheter des produits qui viennent d'Amérique ou des pays de l'Est ».

Certaines enseignes mécontentes ont d'ailleurs pris le parti d'afficher deux tarifs à leurs produits, l'un avant la loi consommation et l'autre depuis sa mise en place. Une communication que le ministre n'a pas du tout apprécié et il s'est adressé à ces enseignes en leur demandant d'"indiquer aux consommateurs que, en gros, ce sera 50 centimes de plus par mois".

L'UFC-Que-Choisir, quant à lui, pointait du doigt le fait que ce sont les ménages les plus modestes qui subiront les conséquences de cette nouvelle loi : "Dans les hypermarchés qui se livrent à une guerre des prix ou chez les hard discounters, les hausses pourront être fortes. Or, ce sont ces magasins que fréquentent les Gilets jaunes. Ce sont donc bien les Français les plus modestes, avec un faible pouvoir d'achat, qui vont payer."

Les grandes surfaces ont donc mis en place plusieurs stratagèmes afin de permettre à leur client de moins sentir passer la pilule. Intermarché et Leclerc par exemple ont pris le parti de baisser les prix sur leur marque de distributeur. Carrefour a choisi de booster son programme de fidélité afin que ses clients s'y retrouvent.

L'effet déconsommation pour consommer moins et mieux

La loi alimentation n'est pas la seule responsable dans la hausse des prix des produits en grande surface. En effet, les Français souhaitent consommer moins et mieux et cela commence à se ressentir puisqu’une forte baisse des ventes a déjà été enregistrée « C'est la plus forte baisse depuis 2008 », assure Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation (PGC) chez IRI (société d'études).

Qui plus est, d'après Kantar 56% des Français se méfient de la grande distribution et 80% sont inquiets de la sécurité alimentaire. Des chiffres qui se justifient si l'on se souvient des différents scandales sanitaires qui ont fait l'actualité ces dernières années. Qui plus est, les consommateurs prêtent de plus en plus attention aux engagements des marques et à leur responsabilité, toujours d'après Kantar : "Quand on évoque la responsabilité d'une marque on pense bien souvent à son engagement envers l'environnement, mais cela va bien au-delà désormais, une autre révolution est en marche : les gens n'achètent plus seulement ce que font les marques, mais également la raison pour laquelle elles le font".

Ces facteurs expliquent certainement la hausse des prix dans les grandes surfaces et ces dernières vont devoir s'adapter si elles souhaitent continuer de vendre leurs produits et garder leur clientèle. Il est désormais clair que les consommateurs souhaitent non seulement payer un prix juste pour ce qu'ils achètent, mais ne souhaitent pas non plus payer pour n'importe quoi.

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